Si J'Étais Roi (If I were King)
Opéra-comique d'Adolphe Adam
Siri Fort Auditorium - New Delhi - 12, 14 et 15 Janvier 2010 à 19 heures
Evènement exceptionnel dans le cadre de Bonjour India, Festival de la France en Inde organisé par l'Ambassade de France et Cultures France
complet en PDF : cliquez ici
et le dossier costumes : cliquez ici









Une production de The Neemrana Music Foundation en association avec 2J Prod
Adaptation & Mise en Scène : Jean-François Vinciguerra
Direction Musicale : Pierre-Michel Durand
Avec : Philippe Do (Zéphoris, ténor), Aude Priya (Princesse Néméa, soprano), Patricia Fernandez (Zélide, mezzo-soprano), Didier Henry (Prince Kadoor, baryton), Vikrant Subramanian (Roi Mossoul, baryton), William Richmond Basaiawmoit (Piféar, ténor), Yvan Rebeyrol (Zizel, 1er comique), Nita Vaz (Une Bayadère, 2ème soprano), Ruben Israel (Atar, rôle parlé), Jean-François Vinciguerra (Le Visiteur Français, rôle parlé)...
Orchestre Prométhée
The Neemrana Opera Choir
Mozart Children Choir et 10 Enfants de la Inder Dutt Salwan School
Musiciens Traditionnels Indiens : Messieurs Natta (Tabla), Chatterjee (Sitar) et Sethi (Harmonium)
Chef de Choeur : Gabriella Boda-Rechner
Chef de Chant - Etudes Musicales : Thomas Palmer
Chorégraphe : Santosh Nair
Sadhya Ballet
Décors & Costumes : Dominique Pichou
Création Lumière : Geneviève Soubirou
Assistant Metteur en Scène : Hamid Allouache
Coordinateur Musical : Philippe Engel
Coordinateur Costumes : Parvesh Jai
Traduction : Celia Izoard & Ellen Goyder
Producer : Francis Wacziarg
Executive Producer : Antoine Redon
“Je tiens ce récit de quelqu’un qui le tenait de son père, lequel l’avait appris de son père, lequel l’avait aussi ouï dire à son père, et ainsi de suite; en remontant de génération en génération, pendant plus de trois cents ans, les pères l’ont transmis aux fils; et c’est de cette manière qu’il a été conservé. Il se peut que ce récit soit historique; il se peut aussi que ce ne soit qu’une légende, une tradition. Il se peut qu’il soit authentique, il se peut encore qu’il soit apocryphe, mais en tout cas il n’a rien d’invraisemblable. Il se peut que jadis les gens instruits l’aient accepté pour réel; il se peut, au contraire, que les ignorants et les simples aient été les seuls à y trouver plaisir et à y ajouter foi”
Le Prince et le Pauvre - Mark Twain
L’HISTOIRE...
L’action se passe à Goa en 1510
Un jeune pêcheur nommé Zéphoris sauve de la noyade une jeune fille dont il tombe, à l’instant, éperdument amoureux. il tente de savoir qui est cette belle inconnue et lorsqu’il l’apprend le désespoir l’envahit : celle qui hante ses rêves n’est autre que la princesse Néméa, cousine de Mossoul, roi régnant.
Néméa, quant à elle, pense aussi à son sauveur et souhaite ardemment lui accorder sa main, ce qu’elle ne cache pas à Kadoor. Celui-ci retrouve Zéphoris et lui intime l’ordre de disparaître, ainsi il peut faire croire à Néméa que c’est lui, Kadoor, son sauveur.
Le roi Mossoul se promenant sur la plage, passe devant un pêcheur endormi et lit ce que le jeune homme a écrit sur le sable : “si j’étais roi...”. Mossoul trouve l’idée plaisante et décide d’installer pour un jour sur le trône ce naïf garçon qui n’est autre que Zéphoris. Drogué et transporté au palais, le jeune pêcheur, bien qu’étonné à son réveil, entre vite dans la peau de son personnage, prend des décisions importantes pour la suite des évènements à Goa et comble ainsi ses voeux en déclarant son amour à Néméa.
Hélas, tout rêve a une fin et le roi d’un jour se retrouve dans sa pauvre cabane. Mais tout espoir n’est pas perdu, voici Néméa accompagnée de Mossoul et Kadoor. Après quelques explications, il apparaît que le ministre complotait contre le roi et son pays avec les Portugais et finalement Zéphoris se trouve avoir sauvé la vie de son souverain et préservé la liberté de Goa.
Néméa peut enfin être à lui !
NOTE DE MISE EN SCÈNE
Le XIXème siècle est l’âge d’or de l’orientalisme littéraire, pictural et musical.
Reflet de l’établissement des empires coloniaux, l’Art voyage, annexe, transcrit... Adolphe Adam compose SI J’ÉTAIS ROI durant l’été 1852. Sans vouloir lui prêter des visées satyriques (et prophétiques), une conspiration contre le pouvoir établi, un pêcheur qui devient roi, tout cela semble préfigurer le coup d’état de décembre 1852 qui fait du Prince-Président l’Empereur des Français Napoléon III. L’action se déroule à Goa mais on retrouve là-bas les ingrédients de l’opéra-comique français dans sa meilleure tradition : un jeune pêcheur amoureux d’une princesse inaccessible, un roi d’un jour assez subtil pour déjouer une conjuration, ce qui lui assurera la reconnaissance du vrai roi... Tout finira donc bien, après une succession d’airs absolument charmants et virtuoses, où le musicien du “Postillon de Longjumeau” a peut-être bien mis beaucoup de son génie...
En découvrant la partition de SI J’ÉTAIS ROI, on a le sentiment d’être devant un Cabinet à Secret, chaque tiroir nous faisant découvrir des degrés différents de la partition.
A la première écoute, la musique d’Adam séduit l’oreille par sa mélodie élégante, soutenue par une orchestration étincelante, montrant qu’il avait assimilé parfaitement la leçon de Boieldieu qui lui avait conseillé dans sa jeunesse, de jeter ses fugues scolaires par la fenêtre et d’apprendre à écrire des mélodies. Puis, en ouvrant un autre tiroir de cette oeuvre, on découvre l’humour d’Adam - caché ou au moins voilé en tissu d’orient, ironique, mordant mais jamais méchant.
Le propos n’est pas ici une reconstitution historique fidèle mais bien d’illustrer, par les décors et les costumes de DOMINIQUE PICHOU, la lumière de GENEVIÈVE SOUBIROU, cette idée de féerie, de fantaisie que l’Orientalisme Européen a pu développer à propos de l’Inde et qui par sa naïveté et son quasi irréalisme n’est pas sans rappeler les histoires d’amour mélodramatiques d’une extrême pudeur des films de Bollywood.
Sous la forme d’un véritable conte de fées pour les Enfants et pour les Grands, cousin des aventures de Mark Twain “The Prince and the Pauper” ou du film indien “Nayak, The Real Hero”, l’histoire de SI J’ÉTAIS ROI nous pose la question sur le Pouvoir d’un jour ou d’une vie et comment s’en servir...
SI J’ÉTAIS ROI nous offre ainsi une grande liberté et fantaisie, la mise en scène est présentée comme un Grand Livre ouvert d’où des gravures sortent du Livre-Écran.
L'un des tous premiers photographes occidentaux à avoir travaillé en Inde, s'y est installé en 1858, à peine 6 ans après la création de SI J’ÉTAIS ROI, c’est grâce à la lanterne magique qu’est la projection que nous aurons, par le biais de gravures anciennes retravaillées, colorisées, une multiplicité de décors ( plusieurs point de vue du village de pêcheurs, plusieurs lieux du palais ...). Sur la scène, des éléments reprennent le même traitement graphique, sur par des serviteurs de scène, ou même par le choeur et les danseurs (dans le cas des navires de guerre par exemple).
Artistes solistes français et indiens ainsi que les quatre vingt choristes seront entourés de danseurs dans le pur style Bollywood et de quelques musiciens traditionnels indiens qui ponctueront, par une ambiance typique, les scènes de comédie.
Une véritable rencontre entre la Musique Française d’Adolphe Adam et la Musique Traditionnelle Indienne !
Ouvrage qui n’a pas été donné en France depuis vingt ans, il est une aventure musicale et humaine d’importance de pouvoir ainsi, grâce à THE NEEMRANA MUSIC FOUNDATION et FRANCIS WACZIARG, donner SI J’ÉTAIS ROI dans le cadre même du pays imaginé par Adolphe Adam et ses librettistes Dennery et Brésil : "Bonjour India !"
JEAN-FRANÇOIS VINCIGUERRA
Metteur en Scène
SI J’ÉTAIS ROI : DÉCORS ET COSTUMES
UNE INDE ENTRE RÊVE ET “CLICHÉS”
Ce soir, sur le théâtre, un artiste ambulant nous arrive de Paris, qui apporte avec lui une lanterne magique… il a fait tout ce voyage, à travers le monde et le temps, pour nous présenter "Si J’Étais Roi"… (peut-être même, est-ce Adolphe Adam, en personne, qui est devant nous ?...) Que va-t-il bien pouvoir nous montrer de l’Inde et de ses habitants, puisque c’est dans ce pays lointain et mystérieux que se situe l’action de l’opéra ?
D’abord, des photos anciennes qu’ont rapportées les voyageurs de son temps, des vues fixes en noir et blanc, des clichés sur plaques de verre... on verra des paysages exotiques, des palais fabuleux qui déjà font rêver...
Puis, pour continuer de raconter son histoire, ce qu’il ne connaît pas, il va devoir l’inventer... et comme sa lanterne est vraiment magique, les images fixes qu’il nous montre vont s’animer et se colorer, prendre vie devant nous. La réalité cédera vite le pas à la fantaisie... le temps, lui aussi, se trouvera malmené et le présent va bousculer le passé. Nous verrons, à côté des Maharadjahs d’autrefois, un médecin ayant étudié à Oxford, une princesse "jet-set" qui s’habille chez les couturiers parisiens et d’autres personnages encore, certains très contemporains.
Voilà le fil qui guide mon travail...
Profiter de la liberté et de la fantaisie sans limite qu’autorise le climat merveilleux du conte orientaliste qu’est "Si J’étais Roi" pour brasser joyeusement les références et les époques, dans l’inépuisable songe d’images qu’offre cette Inde multiple qui me fascine, m’intrigue mais dont je ne connais au fond, je le sais bien, que des "clichés"…
Dominique Pichou
Décorateur - Scénographe - Costumier
21 Juin 2009
